Jean-Frédéric Berger - Editions Dadga - Auteur éditeur

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pÉlerins d'amour

Mon premier reccueil comportant 30 textes en vers et en prose écrient en 1988.

J'y exprime une certaine façon de  croire dans la vie et de transmettre une bouffée d'espoir vers  les hommes de ce monde.

Texte extrait : Jojo la cloche - prose 

 

 

Jojo la cloche.

Il se faisait appeler Jojo, c'était un bonhomme du ruisseau.
Dans une dégaine de misère, avec une barbe de patriarche, et 
des cheveux blancs, jamais très propres.

Il n'a jamais dit son vrai nom, il l'avait jeté à la poubelle, "Je suis 
Jojo la Cloche, Homme de la rue et du trottoir, comme d'autres 
sont fonctionnaires ou alors militaires."
Il avait fait trente-six métiers sans jamais pouvoir se fixer, trop 
amoureux de la bohème, trop amoureux du sang terrestre que 
les grappes donnent quand on les presse.

Lui pour avoir quelques ronds, il chantait souvent une chanson, 
c'était toujours la même, c'était " la grosse bite à Dudule ..." qu'il 
vous gueulait dans les oreilles, mais son pognon il le gagnait.
Avec le fric de sa chanson, il allait se payer un rêve, c'était une 
femme, une maison, mais de la forme d'une bouteille, un peu
d'ivresse et de chaleur, c'était sa nourriture céleste.

Un jour j'ai vu Jojo pleurer, on lui avait piqué sa maison, il 
l'avait planquée sous un pont, bâtie de vieux bouts de carton,
qu'il avait pris dans les poubelles, il s'était même battu pour
eux.
Elle n'avait rien de l’Elysée, mais au moins il était chez lui
Petit studio sans papier peint, mais là au moins il avait chaud
tout au fond de son coeur si ce n'était au corps.

Il se faisait appeler Jojo, c'était un bonhomme du ruisseau, il
connaissait des vérités que seule vous livre la misère, et nous
voir tous nous agiter, lui, cela le faisait marrer.
"On est tous égaux dans la mort, que l'on soit riche ou bien 
clochard, et moi je préfère ma misère à une illusion de bonheur, 
à une condition d'esclave qui a lui-même créé ses chaînes".


La liberté est une Reine, je suis son chevalier servant, son
troubadour de tous les jours, la preuve qu'elle existe encore, 
et même si cela vous gêne, moi je la chanterais toujours.



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